Edouard Allen Playlist on YouTube

mardi 5 novembre 2013

Doucement un monde s'écroule

Doucement un monde s'écroule...
Les êtres, déboussolés, humiliés, étiolés, sont poussés dans leurs retranchements. On découvre alors ce que chacun cache au fond de son coeur, le fiel et la haine chez les uns, la générosité et l'intégrité chez les autres. 
Le système avec ses tensions et ses forces antagonistes ne peut plus tenir debout, on a trop tiré sur l'élastique, c'est la phase finale de la déstructuration des éléments.
Des nouvelles voies s'ouvrent devant nous, pouvons-nous les emprunter? L'humanité sait-elle de quoi son lendemain sera fait? Elle n'a pas le choix, le passé est passé à la trappe et le présent part en fumée. Il ne s'agit plus de sauver les meubles, il s'agit de continuer à vivre. En mieux. Sans le sentiment d'oppression, sans le noeud qui se forme à la gorge.
Vivre, respirer, embrasser, s'approcher des arbres en toute confiance, percevoir leur couleur, leur texture, leur humeur.
Nous voulons tous plus de nature et moins de bitume. 
Pourquoi désirons-nous si fortement la forêt, le sable, la rivière? Pourquoi essaie-t-on de nous faire croire que nous pouvons nous en passer, que nous pouvons nous contenter des substituts synthétiques? Que les bois riches et denses ne nous sont pas destinés?
Dans ma vie, j'ai connu beaucoup de personnes. Il y en a qui m'ont marqué, de façon indélébile, et dire que beaucoup d'entre elles ne le sauront jamais. Le temps les a emportées, et moi j'ai pris dans ma tête ce qu'un jour, parfois l'espace d'un instant, elles m'ont donné. J'ai toujours en moi le souvenir de leur ferveur, de leur bonté, de la lueur dans leurs yeux, de leur beauté, de leur poésie. Des trophées, des cadeaux, qu'est-ce que tout cela qui remplit mon âme, je ne sais pas, lentement je sens que mon tour arrive, la rosée du matin se dissipe, je laisse la place à d'autres qui tisseront leur propre veste. Et un nouveau monde viendra remplacer celui qui s'écroule....

Et moi qui les admire ...

Il y a beaucoup de gens qui lisent ce matin dans le bus, c'est beau. En face de moi, une petite dame âgée est plongée dans L'Essentiel du jour, sur le banc à ma droite, une belle jeune fille qui va certainement rentrer dans son bureau pour la journée, tient dans sa main un bouquin, j'arrive à lire le titre "Miracle on Regent Street"... Un peu plus en arrière dans le bus, une dame, la cinquantaine, probablement portugaise, lit ce qui semble être un gros pavé. Simple constatation de l'instant présent, trois femmes, trois univers, et moi qui les admire...

mardi 29 octobre 2013

Prolongation de l'expo

Suite à l'énorme succès rencontré et à la demande pressante d'un public en délire, j'ai le plaisir de vous informer que l'expo The Edouard Allen Project a été prolongée de quelques jours à l'Ancien Cinéma Café-Club à Vianden, jusqu'au prochain samedi 2 novembre.

mardi 22 octobre 2013

Les mots

Je ne vous demande pas de me demander ce que je panse. Je ne vous en veux pas, vous n'êtes pas mon ennemi, je cherche refuge dans ma propre demeure. J'écris, ça me fait du bien. Les mots me font du bien. Un geste de ma part, et ils enjambent la clôture pour partir en vadrouille dans la campagne. C'est pour ça que je les aime, tant que je suis là, ils croient en moi. 


mardi 15 octobre 2013

Vous serez là demain?

Il pense à ses journées. Belles et toujours pareilles, il les aime comme ça. Il aime ses habitudes, car il sait qu'elles ne tiennent qu'à un fil. Ses yeux. Ses mains. Ses pieds. Son ventre. L'inquiétude gronde en lui, il essaie de la contenir. C'est le soir au moment du coucher que ça le prend. Ou alors au milieu de la nuit. Il se retrouve comme entravé dans une pièce sans fenêtres. Il manque d'air. Une chape de plomb s'abat sur lui. Il se lève, va boire un verre d'eau, ouvre la porte et aspire un grand bol d'air frais. La nuit est froide, inhospitalière, le monde semble déserté.
Il se demande ce qu'il doit faire, comment il doit agir.
Il ne peut pas, ne veut pas, se projeter en avant, il lui reste l'instant présent. 
Penser à autre chose. Il doit réfléchir à la marche du monde, même si elle se fait sans lui. Même s'il ne peut pas marcher aussi vite qu'elle.

jeudi 10 octobre 2013

Aussi loin que je m'en souvienne

Aussi loin que je m'en souvienne
Un peu beaucoup passionnément, donne-moi un bisou comme un coup de grisou, suis à la traîne, suis en peine, l'étreinte aussi me siérait, cela serait une raison suffisante, vous occupez une place de choix, pas besoin de prendre un ticket, l'idée du voyage me plaît, un nouveau départ, un souffle revigorant, une lumière de l'aube, une fragrance du paradis...
Je m'emploie à me déconstruire, en attendant la razzia ultime, je serai sur les étals, on me criera à la vente, tu ne m'écriras plus, je serai rangé et classifié, perdu pour l'éternité, sans gloire ni remords, effacé... J'en ai le tournis rien que d'y penser, je ne sais pas quoi penser, vous m'êtes tous si pathétiques, avec vos discours, vos certitudes, vos phrases toutes faites... Mes phrases sont-elles vraiment miennes, non, mes phrases me sont dictées par une voix invisible, la voix du bagage, la voix de la bouteille, la voix de tous ceux qui se sont réfugiés en moi, vous les auteurs, poètes, artistes, disparus et engloutis dans la tourmente des âges, vos échos sont parvenus jusqu'à moi, j'en ai fait ce que j'ai pu...

Edouard Allen et le CinEast

Yes, he's happy!
Au nom d'Edouard Allen, je voudrais remercier les organisateurs du CinEast d'avoir inclus l'exposition à l'Ancien Cinéma dans le programme du festival. Quel bonheur et quel honneur pour lui de contribuer un tant soit peu à cette grande célébration des cinémas de l'Europe de l'Est!

vendredi 4 octobre 2013

Wild Girl

Je vois une route, je vois une lueur, l'aube peut-être? Je vois ce que vous me permettez de voir.
Je vois une jeune fille qui se retourne, soudain. Elle est assise à une table de café. Est-ce qu'elle pose ou est-ce qu'elle est naturelle? J'étais là, je sais bien qu'il y a une part de vérité dans l'image, malgré sa beauté feutrée. La beauté est une irruption du désir. Le désir est un effort de vie. La terre m'aspire dans sa terrible platitude. Je suis un interrogateur, j'ai le doute en moi, en même temps je suis sûr que le ciel est magnifique vu d'en haut. Je demande la permission, jamais je n'oserais partir sans votre bénédiction. Mais qu'est-ce que l'homme sans la femme? Je ne peux pas me résigner, énergie es-tu en moi? Anime-moi. Pousse-moi. Tire-moi. Aide-moi à ne pas tomber dans mon propre piège. Enfermé dans ma cage dorée. Je fais des photos comme d'autres roulent en moto. On a tellement envie d'être dans le vent.

mardi 1 octobre 2013

BlackOut

La consigne était claire: ils devaient l'ignorer. Passer sous silence tout ce qu'il faisait, tout ce qu'il tentait, ne pas même le mentionner dans leurs pensées les plus intimes. Sans fournir aucune raison, sans donner d'explication, sans exprimer aucune forme de mépris. Faire comme s'il n'existait pas. Passer leur chemin sans prendre gare au chien qui aboie.
Le train-train était leur pain habituel. La médiocrité, le conformisme, les m'as-tu vu, il fallait caresser les lecteurs dans le sens du poil, les conforter dans leur rôle de consommateurs, ne surtout pas leur rappeler qu'ils étaient libres et mortels, qu'ils pouvaient refuser de participer à la ronde des vanités, qu'ils pouvaient se contenter d'amour et d'eau fraîche.
Lui ne rêvait que de voyages et de périples. Et de belles héroïnes aussi. Chaque jour, il décidait d'un autre ailleurs. Il se disait je dois y aller, ici je connais, je veux partir là où tout m'est inconnu. Pour ressentir de nouveau le bonheur d'être en vie, redevenir enfant qui apprend à parler, s'émerveiller devant le papillon, est ému par la lumière.
Mon regard me trouble et je ne vais plus en avoir pour longtemps. Dites-lui simplement que je l'aime. Que je les aime.

La nuit s'ennuie

Liberté des aiguilles sur le cadran, solitude d'un matin sage. Dans les rues engourdies, la nuit s'ennuie déjà. Il faudrait que je nage dans une piscine. J'aime la nage, ça me soulage. Mon esprit est plus léger, plus flottant. Mon corps se soumet docilement à la poussée d'Archimède. Je suis une personne très respectueuse. Du temps pour peser moins et penser plus. Une évidence se profile en moi. Je ne fais pas partie du réseau, je ne fais pas partie du groupe, et je dois en payer le prix. Je suis moi tout seul, cloué à vie sur mon radeau. Exclu du continent et des îles. En face de moi et tout autour
de moi, un océan terrible et des horizons, à tout jamais inatteignables.

dimanche 29 septembre 2013

Le rêveur matinal contemple l'aurore du jour de ses vingt ans

Peu m'importe où vous allez, je vous accompagne. 
Mon émotion est grande de vous retrouver à cet endroit. Je ne m'y attendais pas, et la surprise est d'autant plus forte.
Partons, allons, fuyons. Osons la négation de notre triste quotidien, de nos jours fades et gris. Le grand large est une avenue à portée de nos pas. 
Maintenant, il ne faut plus s'en faire. L'avenir est déjà là. Le temps a perdu son emprise. Hier, aujourd'hui ou demain, quelle différence? Je ne compte plus. Je ne regarde plus la montre, le calendrier, je ne me vexe plus. 
Vous êtes belle, et vous semblez ne pas vous en rendre compte. Si je m'approche trop de vous, je me brûlerai, vous êtes une lumière rayonnante. Je ne dis pas ça pour vous charmer, je constate simplement. Je ne suis pas né de la dernière pluie, je suis venu au monde au coeur de la nuit, j'ai connu un nombre incalculable de déceptions, je ne m'attends plus à rien, je respire.
Alors, me permettrez-vous cette humble esquisse? Me permettrez-vous de vous admirer, sereinement, naturellement, sans en faire trop, comme le rêveur matinal contemple l'aurore du jour de ses vingt ans.

samedi 28 septembre 2013

Unknown girl called Irina


Caught the sight of this lovely girl on the street today, the day of the launch of the exhibition... Asked her for a picture using the IPhone. Said yes. Her name is Irina...

vendredi 27 septembre 2013

Remerciements

Pour The Edouard Allen Project, j'ai bénéficié de l'aide et de l'amitié de très nombreuses personnes. Je pense que c'est là ma grande récompense et le grand bonheur que je garderai précieusement dans mon coeur. Comme il a souvent été dit : dans les expériences de notre vie, souvent ce qui compte ce n'est pas la destination, ce qui compte et qui nous marque, ce sont le voyage et les rencontres que nous faisons... Alors, sachez que cet Edouard Allen Project a été une odyssée magnifique et magique pour moi, en compagnie de vous toutes et tous... Un grand MERCI à :
- les modèles qui ont eu confiance en moi: Diana Ribeiro da Silva, Sandra Ribeiro, Raquel Gonçalves, Jennie Cardoso, Kathleen Ferreira, Stéphanie Faia, Jessie Beals, Melissa Martins, Michiko Nini, Sascha Ley, et Nancy Zhingri
-Sara Lobo, ma soeur, Salon Gente Differdange, qui s'est occupée des coiffures sur plusieurs shootings
-Joana Arreaga, ma belle-mère, Magasin Anjenan Differdange, qui a confectionné quatre robes sur mesure pour le projet
-Andrea Zhingri, ma belle-soeur, Institut Liris, qui a réalisé les maquillages également sur une partie des shootings
- je voudrais aussi mentionner Manuel du salon NM Coiffure, parce qu'il a signé la coiffure de Melissa pour les photos à l'Hôtel Pax
-Maciej Karzewski et son épouse Hanna, de l'Ancien Cinéma, des rêveurs idéalistes qui ont l'amour de la culture, du cinéma, du jazz, de la convivialité... ils ont transformé leur rêve en réalité et regardez autour de vous ce que ça a donné!
- les propriétaires de différents endroits où j'ai fait des shootings:
Sandra Pires et son mari Carlos - Brasserie Seppl au Limpertsberg
Ottavio, Saverio, Silvia et Cristina - Hôtel Pax à Bonnevoie
Guillaume Houdremont et son père  - Hôtel Saint-Nicolas et le Yachting à Remich
Lorraine, Joe, Serge - Ennert de Steiler à Luxembourg
bien sûr aussi Hannah et Maciej pour l'AC
- Nelson Coelho et Elisabeth Lima, pour ce film fantastique qu'ils ont réalisé sur le projet
- Tania Be, jeune photographe qui m'a aidé sur le shooting avec Jessie
- José da Silva, qui m'a aidé sur les shootings avec Melissa
- Stefan Kunzmann et Emma, qui jouent dans le film de Nelson; mais Stefan aussi pour toutes les conversations cinéphiles qu'on a eues depuis des années, et pour tout le soutien au projet en termes d'avis précieux et d'encouragement amical
- Mike Bell, un grand ami musicien, compositeur, pianiste, producteur, qui m'a enregistré dans son studio en train de lire des textes et a écrit un accompagnement spécial au piano
- Dario Cieol, qui s'est totalement impliqué pour à la fois me conseiller dans le choix des images et m'aider à récupérer les tirages de White Wall
- Bruno de Séré, qui m'a également donné tout son soutien et aide pratique, notamment pour des tirages additionnels d'une qualité exceptionnelle et pour la soirée mémorable de l'accrochage des cadres
- Dorine Marq et son équipe de l'Eclat de Verre à Howald, dont la gentillesse, la compétence, la bonne humeur ont été comme un baume pour moi dans le sprint final- et qui ont façonné avec grand soin les passe-partout de toutes les photos.
- Jessica Lobo, qui s'est occupée des dossiers de presse et qui m'a également toujours exprimé tout son encouragement
- Sascha Ley et Laurent Payfert, pour la performance musicale de la soirée; Sascha pour cet incroyable promenade dans la nuit du quartier de la gare, pour son attention, son talent, son dévouement
ENFIN:
- ma famille proche et immédiate: Nancy, Lara, Joel et Thomas, que j'aime par-dessus tout qui doivent composer avec le mari et le père fantasque et rêveur que je suis...

http://edouardallen.blogspot.com/2013/09/remerciements.html

L'envie, Fellini


Vous arrive-t-il de fermer les yeux en plein jour? Au milieu de mille activités frétillantes de l'existence.
Comme un désir d'appuyer sur le bouton stop.
L'écriture est apparemment un acte libératoire. Je peux donc légitimement me demander si je me sens plus libre. La réponse est non, bien sûr. Je suis comme Sisyphe, indéfiniment occupé à refaire la même chose, à écrire les mêmes maux, à raconter les mêmes histoires.
Il y a beaucoup de choses autour de moi qu'il serait intéressant d'enregistrer et de reproduire. Peut-être même, de mettre en scène. Il me manque le budget et les heures. L'envie? Fellini.
Je ne suis pas un méchant. Je ne veux du mal à personne. Je ne comprends pas les flèches empoisonnées qui sont tirées à tort et à travers. Suffit-il de ne pas faire le mal pour être un gentil?
Quand je lisais mes livres, tout était clair dans ma tête. Je n'étais pas transformé, j'étais transporté dans un ailleurs fictionnel, je rencontrais tant de personnes passionnantes ou étranges. J'ai toujours aimé les énigmes dans ma vie. Quand tout est sombre et opaque, je préfère ne pas finir la phrase.
Je me rappelle. J'allais chercher les livres les plus improbables dans la bibliothèque du lycée. Souvent à cause de l'attrait du titre ou de la beauté de la couverture.

Etrange ce sentiment qui m'habite

Etrange ce sentiment qui m'habite
d'être ici sans être ailleurs
un jour je cours je vole
un jour je m'affaisse je m'écroule
le désir est un bien précieux que des conquistadores ont cherché à travers monts et vallées
moi je ne désire qu'une chose
et ça m'angoisse et ça m'horripile
ne pas cesser d'aimer

aimer la vie aimer les jours aimer les nuits aimer les billets de cinéma aimer les avions 
aimer les belles bien sûr les belles de nuit les belles de jour la belle noiseuse 
aimer la musique aimer les livres aimer la photo aimer la pluie le soleil la mer la plage le sable aimer écrire aimer lire aimer la paix aimer la rivière aimer les rêves aimer les gens aimer les anciens aimer les jeunes aimer avoir envie

d'accord tout passe par ma tête, il y a un filtre qui colore mes images
mais il y a mon corps aussi, première plate-forme de réception
un corps que j'ai reçu et qui m'a façonné
que j'ai voulu dompter mais que les années plient à leur guise
tenir la barre le plus longtemps possible
je veux me battre sans que le cours me soit imposé

jusque quand devrai-je me justifier
pourquoi un tiens vaut-il mieux que deux tu l'auras
pourquoi sommes-nous ce que nous mangeons
pourquoi l'hirondelle annonce-t-elle le printemps
je veux retrouver la bonté du matin
le simple bonheur de l'enfant devant le pain chaud sorti du four 
de grand-père
le matin et ses heures perdues
l'après-midi et ses Pinocchio Deux ans de vacances Michel Strogoff et Les Galapiats
Plus j'y pense et plus je désoublie

Je peux jouer maintenant?


Ce n'est pas la tristesse qui me rend triste. Non plus le temps qui s'efface. C'est la lumière du soir qui tombe.
Je suis dans ma maison, je regarde à travers la fenêtre, je suis moi.
Quel livre ? Quel disque ? Quel film ?
J'ai nettoyé la table. J'ai fait la vaisselle. J'ai balayé le sol.
Je peux jouer maintenant ?
Une cinémathèque disparaît chaque fois qu'un cinéphile s'éteint.
Je veux jouer. Je veux croire. Je crois.
Je ne fais pas semblant.
Je me cale dans le fauteuil. Je me concentre très fort. Mon regard me fait mal.
Les couleurs s'intensifient. Je pénètre dans un nouveau monde, plus beau, plus pur,
plus vrai.

Je vois l'histoire, il y a forcément une fille...

Ne pensez à rien, on s'occupe de tout. Ne marchez plus, ne vous pressez pas, tout est sous contrôle. Ne cherchez pas, vous ne trouverez plus de miroir. Plus d'image dans la glace, plus de souci, plus d'interrogation.
Je me demande ce que tout ça cela signifie. Je ne m'identifie plus à rien ni à personne. Qui suis-je? La question même sonne creux. Dans mon être, je me sens à l'étroit. Il y a comme un noeud dans ma gorge. Quel état d'esprit? Quel état de siège? J'ai envie de parler, mais les sons ne s'articulent pas. C'est un véritable putsch contre le peuple. Je suis un individu. Le peuple, c'est qui? Et moi, je suis qui dans l'histoire?
Les étiquettes me déterminent, je me soumets de plein gré à leur régime, comme ça c'est plus facile pour ceux qui m'entourent.
Consommer pour exister. Pour avoir un but dans la vie. L'angoisse est une méchante maîtresse. Bête et cruelle. Les pires stupidités et barbaries ont été provoquées par les peuples sous perfusion d'angoisse.
Je vois l'histoire qui se dessine devant moi. Il y a forcément une fille, une très belle fille. Je l'écris et hop, la voilà qui prend forme! Elle est tellement belle que j'en ai les larmes aux yeux. Je me réveille, c'était un rêve.
Méfiez-vous des histoires que vous prenez pour de la réalité. C'est ce malentendu qui conduit les gens à l'abattoir. Il ne faut pas écouter le joueur de flûte de Hamelin. Résister au son de la musique et rester cloîtré dans la forteresse. Que les autres le suivent. Ils comprendront un jour.
La culture qu'on consomme aveuglément ne rend pas libre. Elle vous met des chaînes. Elle ensorcelle. Elle dicte son prix. Elle sert ses marchands. Je ne fais plus attention aux règles, à la grammaire, au bon sens. Je ne me soucie même plus d'être drôle.

Un visage parfois me redonne confiance


Un visage parfois me redonne confiance. Je regarde beaucoup, je m'exerce.
Autrefois, j'étais vaguement obsédé par plein de choses, plein de petites actions réconfortantes.
Des gestes quotidiens. Des accumulations d'objets. Des instants répertoriés et archivés.
Je me suis calmé avec les années. Les idées se sont diluées dans un ciel cotonneux.
Les romances me laissent indifférent. Il n'y a guère que la beauté pour m'interpeller.
Je n'aime pas voir mes jours se rider. Mais ils se brident malgré tout.
Sauter, courir, plonger, soudain je respire à travers tous les pores de ma peau. Je m'ouvre au monde.
Quand je prends la plume, je prends de l'élan, je m'arrête en plein saut dans le ravin.
Une peine me transperce. C'est le grand blanc.
Je vois les jeunes qui s'agitent. Je vois les vieux qui sont assis.
Un bruit infini. Une cacophonie assourdissante. Je cherche le silence dans le noir.
Les êtres auxquels je tiens sont réels, mais ceux qui ne sont pas réels me tiennent.
Je vous quitte, je n'ai pas le coeur aux plaisirs de la plage. Je vais dans le petit café là-haut, je trouverai bien un journal ou quelqu'un avec qui discuter.
Le temps est court. Je prends celui qu'on me donne sans rechigner.

mercredi 25 septembre 2013

Look at me

Elle n'était pas là, elle me regardait de façon mécanique, comme si tout lui était égal, moi ou un autre, quelle importance? Je parlais, je discourais sur Godard et l'état du monde, j'expliquais le film d'Antonioni, je citais Pessoa, elle semblait m'écouter, mais je voyais bien qu'elle s'ennuyait, de temps en temps elle émettait une remarque ou une question brève, cela suffisait à me relancer, mon flot de paroles ne tarissait pas, je voulais absolument garder un lien avec elle, qui était si belle, si formidablement composée, je me sentais béni du ciel de sa compagnie, les phrases n'étaient qu'un prétexte, ce qui m'importait c'était l'instant, le face à face, oui l'écran devant moi... J'étais fasciné, d'autant plus qu'elle était distante et déconnectée, elle n'esquissait aucun signe de bienveillance, ne manifestait aucun zeste de communion d'esprit, elle était là par obligation, par un concours de circonstances, sans m'avoir choisi, sans m'avoir cherché ou désiré, moi Edouard Allen, le seul et unique à être revêtu de ma peau, de mon regard, de ma pensée... Comment faire pour éveiller ne serait-ce qu'une once infime de son intérêt? Je me disais que c'est ainsi que des idées de braquage de banque surgissent dans la tête des honnêtes gens, simplement parce qu'on veut plaire à une espèce de femme fatale, pour elle, je pense que je pourrais me transformer en bandit au grand coeur, c'est peut-être ça qu'elle attend de moi, que je me dépasse, que je la surprenne, que je rentre dans son monde de fantaisie, que je sois audacieux, bon sang, et pas seulement volubile! 
Autour de nous, il y avait des gens, qui bavardaient entre eux, qui buvaient leur café, leur bière, nous étions parmi eux, l'heure avançait, le moment de lui dire au revoir, fallait que je trouve une idée, vite, vite, je la perdrais pour toujours, alors je me suis mis à chanter, oui comme dans le film de Demy, j'ai commencé à chanter mes phrases, avec grand talent, je devais avoir en moi un peu de Legrand, et soudain, comme une éclaircie, je la vois qui sourie, elle sourie! Je suis heureux, partons ensemble braquer une banque, main dans la main, tu seras ma Bonnie et je serai ton Clyde!

lundi 23 septembre 2013

The distance in your eyes


L'âge de l'innocence

ô toi ma belle ensevelie sous une montagne de pluie
je t'en supplie ne m'oublie pas
je m'affaiblis
la magie ne m'agite plus, fragile dans mon être,
je bats de l'aile
le jour n'est pas le jour
c'est une feuille de calendrier
déchirée qui me fait chavirer

le rebelle, que recèle-t-il
l'inspiration m'échappe
comme une chape de plomb
tout m'est égal
ô mon Portugal
Le langage m'engage
les mots me ravagent
je suis un sage à gages
un sac à rage
un sarcophage

un jour la nuit est sombre
je retourne en enfance
de l'autre côté du miroir
je retrouve une errance
dans l'immense et sombre manoir
elle avait un nom et de suaves contours
je la cherchais dans la tour
elle était là, tout près, loin de moi

les sons n'ont pas de sens
la puissance m'offense
l'âge de l'innocence
j'ai renoncé à Beyoncé
chaque jour mange le pain
pâlit le teint
flétrit le sein
assèche la main

l'insincérité est flagrante
l'expression un leurre
si tu ne sais pas, invente
n'aie pas peur

je me couche et je me cache
à demain

Je ne ferai jamais exprès de vous oublier

Plus tard, je révolutionnerai la planète.
D'abord, il faut que je traverse la rue.
J'ai reperé un petit magasin aux couleurs de foin. Il a des livres à vendre et à revendre. J'entre et je dis bonjour à la jolie libraire. Je suis sûr que vous avez ce que je cherche. C'est-à-dire? Vous ne le voyez pas dans mes yeux? Il y a comme des reflets de Pagnol. Ou peut-être de Hemingway. Très bien essayé, mademoiselle mais non... je veux du David Goodis. Mais aussi la "Belle du Seigneur" d'Albert Cohen, qui vous va si bien. Monsieur, vous êtes un charmeur. Non, juste un bon lecteur, apte à saluer la poésie et la grâce quand, dans la pâleur des voies de bitume, elles se présentent à moi. Nous ne sommes, voyez-vous, que peu de chose, poussière et eau de pluie, c'est la plupart du temps une affaire assommante. Mais il y a parfois des petits miracles, subits et fugaces, surgis d'on ne sait d'où, qui illuminent nos pas. Vous êtes mon petit miracle de cet instant. Et je ne ferai jamais exprès de vous oublier.

dimanche 22 septembre 2013

Desperate journey

Elle le troublait, lui faisait perdre son jugement le plus élémentaire, le prenait dans son tourbillon enfiévré. Il n'avait pas d'autre choix que de la suivre et de veiller à ne pas perdre la raison. Le sol vacillait sous ses pieds, il avait tout plaqué, il était sans le sou. Le voyage était leur seule issue, un voyage sans fin, un voyage qui le grisait autant qu'il l'effrayait. Le monde entier contre eux, le sentiment d'être pris en chasse comme du vulgaire gibier, et elle qui ne semblait pas s'en faire, qui restait tranquille et sûre d'elle, il ne comprenait pas, il comprenait seulement qu'il fallait qu'il continue à rouler à travers la nuit.

vendredi 20 septembre 2013

My world


Beyond a reasonable doubt

Parfois, sometimes, la beauté, l'indicible beauté, la beauté d'une femme, d'une inconnue, est une flèche désarçonnée que vous n'attendez pas et qui vous transperce le coeur avec un cri déchirant dans la nuit... et ça ne dure qu'un moment...