Edouard Allen Playlist on YouTube

mardi 29 octobre 2013

Prolongation de l'expo

Suite à l'énorme succès rencontré et à la demande pressante d'un public en délire, j'ai le plaisir de vous informer que l'expo The Edouard Allen Project a été prolongée de quelques jours à l'Ancien Cinéma Café-Club à Vianden, jusqu'au prochain samedi 2 novembre.

mardi 22 octobre 2013

Les mots

Je ne vous demande pas de me demander ce que je panse. Je ne vous en veux pas, vous n'êtes pas mon ennemi, je cherche refuge dans ma propre demeure. J'écris, ça me fait du bien. Les mots me font du bien. Un geste de ma part, et ils enjambent la clôture pour partir en vadrouille dans la campagne. C'est pour ça que je les aime, tant que je suis là, ils croient en moi. 


mardi 15 octobre 2013

Vous serez là demain?

Il pense à ses journées. Belles et toujours pareilles, il les aime comme ça. Il aime ses habitudes, car il sait qu'elles ne tiennent qu'à un fil. Ses yeux. Ses mains. Ses pieds. Son ventre. L'inquiétude gronde en lui, il essaie de la contenir. C'est le soir au moment du coucher que ça le prend. Ou alors au milieu de la nuit. Il se retrouve comme entravé dans une pièce sans fenêtres. Il manque d'air. Une chape de plomb s'abat sur lui. Il se lève, va boire un verre d'eau, ouvre la porte et aspire un grand bol d'air frais. La nuit est froide, inhospitalière, le monde semble déserté.
Il se demande ce qu'il doit faire, comment il doit agir.
Il ne peut pas, ne veut pas, se projeter en avant, il lui reste l'instant présent. 
Penser à autre chose. Il doit réfléchir à la marche du monde, même si elle se fait sans lui. Même s'il ne peut pas marcher aussi vite qu'elle.

jeudi 10 octobre 2013

Aussi loin que je m'en souvienne

Aussi loin que je m'en souvienne
Un peu beaucoup passionnément, donne-moi un bisou comme un coup de grisou, suis à la traîne, suis en peine, l'étreinte aussi me siérait, cela serait une raison suffisante, vous occupez une place de choix, pas besoin de prendre un ticket, l'idée du voyage me plaît, un nouveau départ, un souffle revigorant, une lumière de l'aube, une fragrance du paradis...
Je m'emploie à me déconstruire, en attendant la razzia ultime, je serai sur les étals, on me criera à la vente, tu ne m'écriras plus, je serai rangé et classifié, perdu pour l'éternité, sans gloire ni remords, effacé... J'en ai le tournis rien que d'y penser, je ne sais pas quoi penser, vous m'êtes tous si pathétiques, avec vos discours, vos certitudes, vos phrases toutes faites... Mes phrases sont-elles vraiment miennes, non, mes phrases me sont dictées par une voix invisible, la voix du bagage, la voix de la bouteille, la voix de tous ceux qui se sont réfugiés en moi, vous les auteurs, poètes, artistes, disparus et engloutis dans la tourmente des âges, vos échos sont parvenus jusqu'à moi, j'en ai fait ce que j'ai pu...

Edouard Allen et le CinEast

Yes, he's happy!
Au nom d'Edouard Allen, je voudrais remercier les organisateurs du CinEast d'avoir inclus l'exposition à l'Ancien Cinéma dans le programme du festival. Quel bonheur et quel honneur pour lui de contribuer un tant soit peu à cette grande célébration des cinémas de l'Europe de l'Est!

vendredi 4 octobre 2013

Wild Girl

Je vois une route, je vois une lueur, l'aube peut-être? Je vois ce que vous me permettez de voir.
Je vois une jeune fille qui se retourne, soudain. Elle est assise à une table de café. Est-ce qu'elle pose ou est-ce qu'elle est naturelle? J'étais là, je sais bien qu'il y a une part de vérité dans l'image, malgré sa beauté feutrée. La beauté est une irruption du désir. Le désir est un effort de vie. La terre m'aspire dans sa terrible platitude. Je suis un interrogateur, j'ai le doute en moi, en même temps je suis sûr que le ciel est magnifique vu d'en haut. Je demande la permission, jamais je n'oserais partir sans votre bénédiction. Mais qu'est-ce que l'homme sans la femme? Je ne peux pas me résigner, énergie es-tu en moi? Anime-moi. Pousse-moi. Tire-moi. Aide-moi à ne pas tomber dans mon propre piège. Enfermé dans ma cage dorée. Je fais des photos comme d'autres roulent en moto. On a tellement envie d'être dans le vent.

mardi 1 octobre 2013

BlackOut

La consigne était claire: ils devaient l'ignorer. Passer sous silence tout ce qu'il faisait, tout ce qu'il tentait, ne pas même le mentionner dans leurs pensées les plus intimes. Sans fournir aucune raison, sans donner d'explication, sans exprimer aucune forme de mépris. Faire comme s'il n'existait pas. Passer leur chemin sans prendre gare au chien qui aboie.
Le train-train était leur pain habituel. La médiocrité, le conformisme, les m'as-tu vu, il fallait caresser les lecteurs dans le sens du poil, les conforter dans leur rôle de consommateurs, ne surtout pas leur rappeler qu'ils étaient libres et mortels, qu'ils pouvaient refuser de participer à la ronde des vanités, qu'ils pouvaient se contenter d'amour et d'eau fraîche.
Lui ne rêvait que de voyages et de périples. Et de belles héroïnes aussi. Chaque jour, il décidait d'un autre ailleurs. Il se disait je dois y aller, ici je connais, je veux partir là où tout m'est inconnu. Pour ressentir de nouveau le bonheur d'être en vie, redevenir enfant qui apprend à parler, s'émerveiller devant le papillon, est ému par la lumière.
Mon regard me trouble et je ne vais plus en avoir pour longtemps. Dites-lui simplement que je l'aime. Que je les aime.

La nuit s'ennuie

Liberté des aiguilles sur le cadran, solitude d'un matin sage. Dans les rues engourdies, la nuit s'ennuie déjà. Il faudrait que je nage dans une piscine. J'aime la nage, ça me soulage. Mon esprit est plus léger, plus flottant. Mon corps se soumet docilement à la poussée d'Archimède. Je suis une personne très respectueuse. Du temps pour peser moins et penser plus. Une évidence se profile en moi. Je ne fais pas partie du réseau, je ne fais pas partie du groupe, et je dois en payer le prix. Je suis moi tout seul, cloué à vie sur mon radeau. Exclu du continent et des îles. En face de moi et tout autour
de moi, un océan terrible et des horizons, à tout jamais inatteignables.